# Emprunt aidé : quelles aides pour soutenir la création ou le développement

Le financement représente l’un des défis majeurs pour tout entrepreneur qui souhaite concrétiser son projet. Face aux réticences bancaires traditionnelles et aux exigences de garanties souvent inaccessibles, les dispositifs d’emprunts aidés constituent une bouée de sauvetage précieuse. En France, plus de 40% des créateurs d’entreprise rencontrent des difficultés pour obtenir les fonds nécessaires au lancement de leur activité. Heureusement, un écosystème complet de solutions de financement à conditions avantageuses s’est développé au fil des années, porté par des acteurs publics et parapublics. Ces mécanismes permettent non seulement d’alléger la charge financière du démarrage, mais également de renforcer la crédibilité du projet auprès des établissements bancaires classiques. Comprendre ces dispositifs et savoir les mobiliser efficacement peut faire toute la différence entre un projet qui décolle et un rêve entrepreneurial qui reste lettre morte.

Prêt à taux zéro (PTZ) et dispositifs de financement sans intérêt pour entrepreneurs

Le concept de prêt à taux zéro pour les entrepreneurs s’inspire du dispositif immobilier bien connu, mais s’adapte aux spécificités de la création d’entreprise. Ces emprunts sans intérêt représentent une opportunité exceptionnelle pour diminuer significativement le coût global du financement initial. Contrairement aux prêts bancaires classiques où les intérêts peuvent représenter jusqu’à 30% du montant emprunté sur la durée totale, le PTZ entrepreneurial permet de ne rembourser que le capital reçu. Cette économie substantielle libère des ressources précieuses pour le développement opérationnel de l’activité. Les statistiques montrent que les entreprises ayant bénéficié de ce type de financement affichent un taux de survie à trois ans supérieur de 15% à la moyenne nationale, preuve de l’efficacité de ce levier financier.

Conditions d’éligibilité au PTZ pour la création d’entreprise en zone prioritaire

L’accès au PTZ entrepreneurial est conditionné par plusieurs critères stricts qui visent à cibler les projets les plus pertinents. Premièrement, l’implantation géographique joue un rôle déterminant : les zones de revitalisation rurale (ZRR), les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPPV) et certaines zones franches urbaines bénéficient d’un accès prioritaire. Le profil du créateur compte également : les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires des minimas sociaux et les jeunes de moins de 30 ans sont particulièrement visés par ces dispositifs. Le projet doit démontrer une viabilité économique solide, avec un business plan détaillé et des prévisions financières réalistes. Enfin, l’entreprise ne doit généralement pas dépasser un certain seuil de chiffre d’affaires prévisionnel et doit créer au minimum un emploi dès la première année d’activité.

Montants plafonnés et durée de remboursement selon le secteur d’activité

Les montants accordés dans le cadre d’un PTZ entrepreneurial varient considérablement selon le secteur d’activité et le territoire d’implantation. Pour les activités de services, les prêts oscillent généralement entre 2 000 et 10 000 euros, tandis que les projets industriels ou nécessitant des investissements matériels importants peuvent atteindre 15 000 à 25 000

euros. La durée de remboursement est le plus souvent comprise entre 2 et 5 ans, avec parfois un différé de remboursement de plusieurs mois permettant de lancer l’activité avant de commencer à rembourser. Certains dispositifs prévoient une modulation de la durée en fonction de la nature des investissements (équipements amortissables sur le long terme, besoins en trésorerie, travaux d’aménagement, etc.). Dans tous les cas, le cumul du PTZ avec d’autres emprunts bancaires est encadré : il doit rester minoritaire par rapport au financement global, afin de garantir un montage équilibré. Il est donc essentiel, dès la phase de business plan, d’anticiper la structure globale de votre plan de financement pour optimiser l’utilisation de ce prêt à taux zéro.

Démarches d’obtention auprès des banques partenaires agréées

Pour obtenir un prêt à taux zéro entrepreneurial, vous ne passez pas directement par l’État mais par des banques partenaires agréées ou des réseaux associatifs conventionnés. Concrètement, la première étape consiste à préparer un dossier solide : business plan, prévisionnel de trésorerie, plan de financement détaillé, justificatifs de votre situation personnelle (statut de demandeur d’emploi, résidence en quartier prioritaire, etc.). Vous prenez ensuite rendez-vous avec un conseiller bancaire ou un conseiller d’un réseau d’accompagnement (Initiative, France Active, BGE…) qui vérifiera l’éligibilité de votre projet au dispositif visé.

Après une analyse du risque et de la viabilité de votre entreprise, la banque dépose la demande de PTZ auprès de l’organisme financeur ou actionne le dispositif intégré dans son offre commerciale. Dans certains cas, un comité d’agrément indépendant examine votre dossier et rend un avis, un peu comme un « jury » qui valide la pertinence du projet. Le délai moyen d’instruction varie de 3 à 8 semaines, selon les régions et la complexité du dossier. Pour ne pas perdre de temps, veillez à fournir dès le départ l’ensemble des pièces demandées et à répondre rapidement aux relances éventuelles.

Cumul du PTZ avec d’autres dispositifs de financement public

Bon à savoir : le PTZ pour la création d’entreprise peut souvent être cumulé avec d’autres aides publiques, ce qui en fait un véritable accélérateur de projet. Il est par exemple possible de le combiner avec un prêt d’honneur, un microcrédit professionnel, une garantie Bpifrance ou encore des subventions régionales à l’investissement. L’enjeu est de structurer un « bouquet de financements » équilibré, dans lequel chaque outil joue un rôle précis (apport en quasi-fonds propres, levier pour la banque, couverture du risque, etc.).

Vous devrez toutefois respecter des plafonds d’aides publiques, notamment au regard du régime européen des aides de minimis, qui limite le montant cumulé de subventions et d’avantages financiers sur une période donnée. Les collectivités et réseaux d’accompagnement sont en général vigilants sur ce point et vous aideront à vérifier votre situation. N’hésitez pas à leur poser la question : « Quels dispositifs puis-je cumuler sans risque de dépassement ? ». Cette vision d’ensemble vous évitera de découvrir trop tard qu’une aide potentielle n’est plus accessible faute de marge disponible dans vos plafonds.

Prêt d’honneur et microcrédits professionnels : réseau initiative france et ADIE

Si le prêt à taux zéro est un excellent point de départ, le prêt d’honneur et le microcrédit professionnel restent, en pratique, les deux piliers de l’emprunt aidé pour les créateurs de TPE et de micro-entreprises. Leur particularité ? Ils sont accordés à la personne et non à l’entreprise, sans demande de garantie personnelle ni de caution, ce qui les rend accessibles à des profils souvent écartés du crédit bancaire classique. Utilisés comme des « quasi-fonds propres », ils renforcent votre apport personnel et rassurent les banques sur votre engagement dans le projet.

Prêt d’honneur initiative france : montants de 3 000 à 50 000 euros sans garantie

Le prêt d’honneur proposé par le réseau Initiative France est l’un des dispositifs les plus connus pour soutenir la création ou la reprise d’entreprise. Il s’agit d’un prêt à taux zéro, sans intérêt ni garantie, accordé au porteur de projet à titre personnel. Les montants varient généralement de 3 000 à 50 000 euros, avec une moyenne constatée autour de 8 000 à 12 000 euros pour les créations classiques et des montants plus élevés pour les projets à fort potentiel ou fortement capitalistiques. La durée de remboursement est souvent comprise entre 2 et 5 ans, avec une mensualité fixe facile à anticiper dans le prévisionnel de trésorerie.

Pour y prétendre, vous devez présenter un dossier complet devant un comité d’agrément composé de chefs d’entreprise, de banquiers et d’experts locaux. Ce comité évalue la solidité du projet, mais aussi votre motivation, votre connaissance du marché et votre capacité à piloter l’entreprise. On peut comparer cette étape à un « passage devant un investisseur », avec des questions parfois pointues sur votre stratégie commerciale ou vos marges. L’avantage est double : si le prêt est accordé, vous bénéficiez d’une reconnaissance forte de la qualité de votre projet, et vous accédez le plus souvent à un accompagnement individuel ou à un parrainage par un entrepreneur expérimenté.

Microcrédit professionnel ADIE pour les exclus du système bancaire classique

L’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Économique) s’adresse en priorité aux personnes qui n’ont pas accès aux financements bancaires classiques : chômeurs de longue durée, bénéficiaires de minima sociaux, travailleurs précaires, nouveaux arrivants, etc. Le microcrédit professionnel permet de financer l’achat d’un premier stock, de matériel, d’un véhicule utilitaire ou encore un besoin de trésorerie de démarrage. Son montant peut aller jusqu’à 17 000 euros, avec un taux d’intérêt plus élevé qu’un prêt bancaire traditionnel, mais compensé par un accompagnement personnalisé et la possibilité de compléter le financement par un petit prêt d’honneur solidaire.

Pour obtenir un microcrédit, vous êtes reçu par un conseiller ADIE qui analyse votre projet, votre budget personnel et votre capacité de remboursement. Là encore, ce n’est pas uniquement le « dossier papier » qui compte, mais aussi la cohérence globale de votre situation : vos charges personnelles, votre expérience dans le métier, votre réseau potentiel de clients. Une personne de votre entourage devra généralement se porter garante à hauteur de 50 % du montant emprunté. Vous bénéficiez ensuite d’un suivi régulier, notamment sur la gestion de votre trésorerie, la relation avec vos premiers clients et l’utilisation du numérique pour développer votre activité.

Réseau entreprendre et accompagnement post-financement personnalisé

Le Réseau Entreprendre se positionne plutôt sur des projets créateurs d’emplois, souvent avec un potentiel de croissance important (création, reprise ou développement). Il propose lui aussi des prêts d’honneur sans intérêt ni garantie, mais leur montant est généralement plus élevé, en cohérence avec les ambitions du projet : de 15 000 à 50 000 euros, parfois davantage selon les implantations locales. Ce financement intervient souvent en complément d’un prêt bancaire significatif et d’apports en capital, dans une logique de structuration globale du plan de financement.

La véritable valeur ajoutée du Réseau Entreprendre réside dans son accompagnement post-financement. Pendant plusieurs années, le dirigeant est suivi par un chef d’entreprise bénévole qui l’aide à arbitrer les grandes décisions (recrutements, investissements, choix stratégiques…). Des clubs de lauréats permettent également d’échanger avec d’autres entrepreneurs confrontés aux mêmes problématiques de croissance. Comme pour un entraînement sportif de haut niveau, ce suivi régulier augmente considérablement vos chances de franchir les différentes étapes de développement sans perdre le contrôle de votre trésorerie ni de votre rentabilité.

France active et prêts solidaires pour l’économie sociale et solidaire

Pour les projets qui s’inscrivent dans l’économie sociale et solidaire (ESS) ou qui poursuivent un fort objectif d’impact social ou environnemental, France Active constitue un interlocuteur clé. L’organisation propose plusieurs types de financements : prêts solidaires, garanties d’emprunts bancaires, apports associatifs, participations en quasi-fonds propres, etc. Les montants de prêt peuvent aller de quelques milliers d’euros jusqu’à 100 000 euros ou plus pour les structures les plus ambitieuses. L’idée est de soutenir les projets qui peinent parfois à convaincre les banques en raison d’une rentabilité financière moins immédiate, mais qui génèrent une forte utilité sociale.

France Active intervient souvent en complément d’autres dispositifs (prêt bancaire, prêt d’honneur Initiative, subventions locales), dans une logique de montage financier sur mesure. Le conseiller France Active analyse à la fois le modèle économique et l’impact social du projet : nombre d’emplois créés pour des publics fragiles, contribution à la revitalisation d’un territoire, bénéfices environnementaux, etc. Vous bénéficiez également d’un accompagnement stratégique pour structurer votre gouvernance, votre modèle de revenus et votre communication auprès des financeurs « à impact », comme certains fonds d’investissement solidaires ou fondations.

Garanties bancaires bpifrance et fonds de garantie régionaux

Obtenir un prêt bancaire reste, pour beaucoup de créateurs, l’étape la plus délicate du financement. Les banques demandent en effet des garanties (nantissement, hypothèque, caution personnelle) que tous les entrepreneurs ne peuvent pas offrir. C’est précisément pour lever ce frein qu’existent les garanties publiques, portées par Bpifrance et les régions. Plutôt que de prêter directement, ces organismes acceptent de couvrir une partie du risque de la banque, ce qui la rassure et facilite l’octroi du crédit. On peut comparer cette garantie à un « filet de sécurité » placé sous votre projet : si l’entreprise rencontre des difficultés, la banque sait qu’elle ne supportera pas seule l’intégralité de la perte.

Garantie création bpifrance : couverture jusqu’à 60% du prêt bancaire

La Garantie Création de Bpifrance s’adresse aux banques qui financent des projets de création ou de reprise de TPE/PME. Elle peut couvrir jusqu’à 60 % du montant du prêt bancaire (voire davantage dans certains cas spécifiques ou pour certains publics prioritaires). Cette couverture porte sur la phase la plus risquée de la vie de l’entreprise, c’est-à-dire les premières années d’activité. Pour l’entrepreneur, l’avantage est indirect mais majeur : la banque est beaucoup plus encline à accepter le dossier, parfois avec des exigences de caution personnelle réduites.

Vous ne sollicitez pas vous-même la garantie Bpifrance : c’est la banque qui en fait la demande, souvent via un circuit entièrement dématérialisé. D’où l’importance d’aborder le sujet lors de votre rendez-vous : « Est-il possible de mobiliser une garantie Bpifrance sur ce prêt ? ». Si la réponse est positive, la banque monte le dossier et transmet les éléments nécessaires. La décision d’octroi de la garantie est généralement rapide, surtout lorsque le projet s’inscrit dans les priorités nationales (transition écologique, innovation, industrie, relocalisation, etc.).

Garantie égalité femmes pour les entrepreneures et publics prioritaires

La Garantie Égalité Femmes, opérée par France Active avec le soutien de l’État, vise spécifiquement à faciliter l’accès au crédit bancaire pour les femmes entrepreneures. Elle peut couvrir jusqu’à 80 % d’un prêt bancaire (dans la limite d’un plafond), ce qui réduit très fortement le niveau de garantie personnelle exigé. Ce dispositif s’adresse en priorité aux créatrices ayant peu d’apport personnel ou des situations professionnelles antérieures précaires, mais qui portent des projets viables et créateurs d’emplois. Les banques partenaires sont incitées à proposer ce type de montage dès lors que le profil entre dans les critères.

Dans la pratique, la Garantie Égalité Femmes est souvent combinée avec un prêt d’honneur et, parfois, un microcrédit complémentaire. L’ensemble permet de constituer un plan de financement crédible sans exposer de manière excessive le patrimoine personnel de la créatrice. D’autres garanties ciblées existent pour les publics spécifiques (jeunes, demandeurs d’emploi de longue durée, habitants de quartiers prioritaires), généralement portées par France Active ou par des fonds territoriaux. Là encore, n’hésitez pas à poser la question à votre banquier ou à votre conseiller en création d’entreprise, car ces outils ne sont pas toujours mis en avant spontanément.

Fonds de garantie régionaux FRGC et mécanismes de co-garantie territoriale

En complément des dispositifs nationaux, de nombreuses régions ont mis en place leurs propres fonds de garantie régionaux pour soutenir les TPE et PME locales. Sous différentes appellations (FRGC, fonds de garantie TPE, fonds territoriaux…), ces mécanismes fonctionnent sur le même principe : ils partagent le risque de crédit avec la banque, parfois en co-garantie avec Bpifrance ou France Active. Les taux de couverture peuvent atteindre 50 à 70 % du prêt, avec des priorités sectorielles selon les stratégies régionales (tourisme, artisanat, industrie, numérique, ESS…).

Pour l’entrepreneur, ces fonds régionaux sont une opportunité supplémentaire de faire « passer » un dossier jugé un peu trop risqué au départ. Les CCI, CMA et agences de développement économique régionales jouent souvent un rôle de porte d’entrée vers ces dispositifs. Un conseil pratique : lors de vos premiers rendez-vous avec ces structures, arrivez avec un plan de financement esquissé et demandez explicitement « quelles garanties régionales peuvent sécuriser mon emprunt bancaire ? ». Vous serez orienté vers les guichets appropriés et gagnerez un temps précieux.

Subventions ACRE et exonérations de charges sociales pour créateurs

Si les emprunts aidés réduisent le coût du financement externe, il est tout aussi stratégique de diminuer vos charges sociales au démarrage. C’est précisément l’objet de l’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise), qui offre une exonération partielle de cotisations sociales pendant la première année d’activité, sous certaines conditions. Ce « bol d’air » sur vos charges peut représenter plusieurs milliers d’euros d’économie, l’équivalent d’un prêt à taux zéro que vous n’auriez pas à rembourser.

L’ACRE s’adresse en priorité aux demandeurs d’emploi indemnisés, aux bénéficiaires de minima sociaux, aux jeunes de moins de 26 ans, aux personnes en situation de handicap ou encore aux créateurs en zone prioritaire. L’exonération porte sur une partie des cotisations sociales (maladie, maternité, invalidité, retraite de base, allocations familiales) dans la limite d’un plafond de revenus. Pour en bénéficier, vous devez déposer une demande auprès de l’URSSAF dans les 45 jours suivant la création ou la reprise de votre entreprise. Une fois accordée, l’ACRE se cumule avec d’autres aides financières (ARCE, prêts d’honneur, PTZ, microcrédits, etc.), ce qui en fait un complément quasi incontournable de votre stratégie de financement.

Prêts participatifs et obligations convertibles bpifrance création

Lorsque l’entreprise dépasse la phase de démarrage et entre dans une logique de croissance (nouveaux marchés, recrutements, investissements lourds), les besoins de financement prennent une autre ampleur. Plutôt que de recourir uniquement à de la dette bancaire classique, il peut être pertinent de mobiliser des prêts participatifs ou des obligations convertibles, souvent proposés avec le soutien de Bpifrance ou de fonds régionaux. Ces outils se situent à mi-chemin entre le prêt et les fonds propres : ils renforcent la structure financière de l’entreprise sans diluer immédiatement le capital du dirigeant.

Financement en quasi-fonds propres de 10 000 à 100 000 euros

Les prêts participatifs et obligations convertibles constituent des quasi-fonds propres, car ils sont remboursés sur des durées longues et souvent subordonnés aux autres dettes (ils sont remboursés après les banques en cas de difficulté). Les montants mobilisables varient en général de 10 000 à 100 000 euros pour les petites structures, et peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros pour des PME plus matures. L’objectif est de financer des projets de développement : lancement d’une nouvelle offre, internationalisation, industrialisation d’un prototype, transition numérique, etc.

Ce type de financement est particulièrement apprécié des banques et des investisseurs, car il améliore vos ratios financiers (capitaux propres / dettes) sans nécessiter de levée de fonds immédiate. Pour vous, dirigeant, c’est un peu l’équivalent d’un « coussin de sécurité » qui permet d’absorber les premières années de croissance sans mettre en péril la trésorerie. En revanche, il suppose d’accepter une relation de plus long terme avec le financeur, qui suivra de près les résultats et la trajectoire de l’entreprise.

Conditions de remboursement indexées sur la performance de l’entreprise

Contrairement à un prêt classique, le remboursement d’un prêt participatif peut parfois être indexé sur la performance de l’entreprise (niveau de chiffre d’affaires, résultat net, marge brute…). Cela signifie que, si votre activité décolle très vite, le coût global du financement pourra être plus élevé ; mais, en contrepartie, si la croissance est plus lente que prévu, les échéances peuvent être adaptées pour ne pas asphyxier votre trésorerie. On peut y voir une forme de « partage de risque » entre l’entreprise et le financeur, proche d’une logique d’investissement en capital, mais sans dilution immédiate.

Les obligations convertibles fonctionnent, quant à elles, comme des titres de dette qui peuvent être transformés ultérieurement en actions de l’entreprise, à un prix défini à l’avance ou selon une formule convenue. Si votre projet réussit et que la valorisation de la société augmente, le financeur pourra choisir de convertir une partie de sa créance en participation au capital. Pour vous, cela permet de décaler dans le temps la dilution, souvent jusqu’à une future levée de fonds plus importante.

Articulation avec les levées de fonds en capital-risque

Comment ces outils s’articulent-ils avec une levée de fonds en capital-risque ? Dans beaucoup de cas, les prêts participatifs et obligations convertibles servent de financement relais avant une série d’investissement plus importante auprès de fonds de capital-risque ou de business angels. Ils permettent de financer les étapes critiques (preuve de marché, premiers contrats significatifs, industrialisation) qui feront la différence lors de la négociation avec les investisseurs. On peut les comparer à un tremplin qui vous aide à atteindre la hauteur nécessaire pour « attraper la barre » du capital-risque.

Lors de la préparation de votre levée de fonds, il sera essentiel de bien expliquer aux investisseurs la structure de votre dette quasi-fonds propres : conditions de remboursement, clauses de conversion, éventuels droits de sortie anticipée, etc. Les professionnels du capital-risque sont habitués à ces montages, mais ils voudront s’assurer que les clauses ne créent pas de conflits d’intérêts ou de charges excessives pour l’entreprise au moment de l’entrée au capital. Un conseil : faites-vous accompagner par un expert-comptable ou un avocat spécialisé pour sécuriser cette articulation.

Dispositifs spécifiques sectoriels : NACRE, prêt transmission TPE et financement innovation

Au-delà des grands dispositifs transversaux, de nombreuses aides ciblent des situations particulières : créateurs en difficulté d’insertion, repreneurs de TPE, startups innovantes, projets deeptech, etc. Bien les connaître permet d’aligner votre stratégie de financement sur la réalité de votre parcours et de votre secteur. On retrouve notamment le parcours NACRE, les prêts de transmission pour la reprise de petites entreprises existantes et les concours nationaux d’innovation comme i-Lab ou les bourses French Tech.

Parcours NACRE intégré : conseil, financement et suivi post-création

Le dispositif NACRE (ou ses équivalents régionaux qui l’ont progressivement remplacé) vise à accompagner les porteurs de projet rencontrant des difficultés d’insertion professionnelle : demandeurs d’emploi de longue durée, bénéficiaires de minima sociaux, jeunes peu qualifiés, etc. Il repose sur un parcours intégré comprenant trois volets : aide au montage du projet, structuration du plan de financement (avec la possibilité d’un prêt à taux zéro complémentaire) et suivi post-création pendant plusieurs années. L’objectif est autant social qu’économique : faire de la création d’entreprise un véritable levier de retour durable à l’emploi.

Concrètement, vous êtes accompagné par un organisme conventionné (BGE, France Active, Adie, CCI, etc.) qui vous aide à formaliser votre business plan, à identifier les financements mobilisables (microcrédit, prêt d’honneur, PTZ, garanties) et à sécuriser vos premiers mois d’activité. Le prêt NACRE, lorsqu’il existe encore dans votre région, vient en complément d’un prêt bancaire classique, dans une logique de cofinancement. Là encore, le principe est de renforcer vos fonds propres tout en limitant le recours à la caution personnelle.

Prêt transmission reprise pour l’acquisition de TPE existantes

Reprendre une TPE existante (commerce, artisanat, petite société de services) nécessite souvent des montages financiers spécifiques, notamment pour financer le rachat de fonds de commerce ou de parts sociales. Des dispositifs comme le contrat de développement transmission de Bpifrance ou certains prêts régionaux dédiés à la reprise de TPE permettent de compléter l’emprunt bancaire traditionnel. Ces prêts de transmission peuvent couvrir l’achat du fonds, les frais d’acquisition (honoraires, droits d’enregistrement) ainsi que le renforcement du besoin en fonds de roulement pour les premiers mois d’exploitation.

Leur intérêt principal réside dans l’absence de garantie réelle ou de caution personnelle, ou dans leur caractère subordonné par rapport au prêt bancaire, ce qui rassure la banque. Vous devez toutefois justifier d’un véritable projet de reprise : analyse du bilan de l’entreprise cible, diagnostic des forces et faiblesses, plan de développement post-reprise, etc. Pensez également au crédit vendeur, qui permet de négocier avec le cédant un paiement échelonné d’une partie du prix, souvent très apprécié des banques comme signe de confiance réciproque.

Concours innovation i-lab et subventions french tech pour startups deeptech

Pour les projets fortement innovants, en particulier dans la deeptech (technologies de rupture issues de la recherche publique ou privée), les concours nationaux comme i-Lab et les subventions French Tech jouent un rôle décisif. Le concours i-Lab, piloté par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche avec Bpifrance, finance les premières étapes de validation technique et économique des projets deeptech : preuve de concept, prototypes, études de marché, dépôt de brevets, etc. Les lauréats peuvent bénéficier de subventions significatives, parfois complétées par des avances remboursables.

En parallèle, les dispositifs French Tech (bourse French Tech, French Tech Emergence, French Tech Seed, etc.) visent à accélérer la création et la croissance de startups innovantes à fort potentiel de croissance, souvent en lien avec des incubateurs et accélérateurs labellisés. Ces aides se combinent fréquemment avec des levées de fonds auprès de business angels ou de fonds de capital-risque spécialisés dans la deeptech. Si vous portez ce type de projet, il sera crucial de vous rapprocher d’un incubateur ou d’une structure d’accompagnement reconnue, qui maîtrise ces appels à projets et pourra vous aider à constituer des dossiers compétitifs.